Moine byzantin exilé pour avoir dit qu’on pouvait voir Dieu, et l’avoir raconté.
Né en 949 en Asie Mineure — en Galatie selon les uns, en Paphlagonie selon les autres —, envoyé étudier à Constantinople chez un oncle fonctionnaire, il rencontra à quatorze ans le moine Syméon le Studite, qui devint son père spirituel et le fit attendre : trop jeune pour le cloître, il resta treize ans dans le monde, fonctionnaire le jour et veillant la nuit. Entré enfin à Stoudion en 977, son attachement exclusif à son maître irrita, et on le renvoya au bout de quelques mois. Il passa au monastère Saint-Mamas, délabré, dont il devint higoumène en 980 : il en releva les murs et la règle, et prêchait chaque matin à ses moines ces Catéchèses où il fait une chose alors sans exemple en Orient — raconter ses propres expériences de Dieu, éprouvé comme lumière. C'est ce qui lui coûta sa charge. Le métropolite Étienne de Nicomédie lui intenta un procès de six ans, dont le prétexte était le culte qu'il rendait à son père spirituel défunt, et l'enjeu réel de savoir qui a le droit de parler de Dieu. Syméon soutenait qu'un moine sans ordination, s'il a l'expérience de la grâce, le peut. Il démissionna en 1005, fut exilé en 1009, refusa l'archevêché qu'on lui offrit contre son silence, et passa treize ans sur l'autre rive du Bosphore à écrire ses Hymnes. Il est, avec Jean l'Apôtre et Grégoire de Nazianze, l'un des trois seuls que l'Orient appelle Théologien — non pour son savoir, mais parce qu'il parlait de ce qu'il avait vu.
Moine byzantin barbu, en habit sombre, tenant un rouleau déployé portant un texte de ses Hymnes.